Mardi 1 avril 2008

Xavier Person, dans le Matricule des Anges, en 2003, parlant de Colourful, le premier livre déjà si réussi de Judith Elbaz chez le même éditeur :

« De quoi parle ce livre, sinon peut-être de ce que c'est que parler? »
« Ou comment capter des ultrasons dans la conversation. »
« Colorisant son drame intime? »
« libres associations de mots ou d'images au gré d'une logique aléatoire : concaténations intimes, compressions syntaxiques, retournements inopinés, paronomases, acrostiches et plus s'il le faut, ou comment écrire comme on tire sur un fil. Accélération sur la ligne droite de la phrase, en pointillés. »

Encore valables, ces quelques lignes introduisent bien ce deuxième livre – moins surprenant peut-être que le premier mais toujours aussi virtuose, disponible, à mi-chemin entre poésie contemporaine et enjeux narratifs – que J. Elbaz creuse à fond en décontextualisant à tout va des énoncés biographiques de type journal intime flouté.

À nous finalement de reconstruire à partir des situations esquissées et des faits de langue proposés à entendre, puisqu'en définitive, le langage est souvent le personnage principal du livre, à la fois comme épaisseur (opaque) et comme trouble (lieu de l'ambiguïté et du latent).

Le mouvement en montagne peut se lire aussi comme un récit, une autofiction éloignée de tout ce qu'on déteste dans les détails – le chic de la discontinuité vécue en supplément.

Judith Elbaz, Le mouvement en montagne, POL, février 2007.

Par myopies - Publié dans : Brèves
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